Un récent article dans le journal Le Temps a mis en exergue l’importance géostratégique de la constellation satellitaire Starlink et des dangers que ce réseau représente.
Jusqu’ici, les fusées SpaceX et le réseau Starlink semblaient bien loin des contingences des simples mortels et paraissaient relever des lubies d’un entrepreneur fantasque.
Le comportement erratique d’Elon Musk, propriétaire de Starlink, nous confirmait le peu d’attention que nous devions accorder au personnage et à ses milliards.
Et tout soudain, nous réalisons que le réseau Starlink est une arme de domination qui constitue un risque pour l’Europe et le reste du monde. À la bonne heure !

Mais que faisons-nous pour mitiger ce risque ? Rien, l’Europe subit.
Tout au plus, elle s’interroge sur l’opportunité de réguler et de légiférer dans un réflexe de défense qui n’anticipe jamais les événements.
Pendant ce temps, les politiques du continent européen se perdent dans de stériles palabres afin de défendre des intérêts sectoriels. Les parlementaires déploient des tactiques pour s’accaparer des ressources, et ce, sans aucune stratégie globale.
Pourtant, nous savons depuis Sun Tzu que « la tactique sans stratégie est le bruit qui précède la défaite ». Des actions menées sans vision systémique vont inévitablement à l’échec, car elles manquent de direction vers un but final, annihilant ainsi tous les efforts. En d’autres termes, la bureaucratie aveugle est le levier mortifère de notre déclin.
Au XXIe siècle, la possession de données et la maîtrise de leur transmission sont les instruments de la domination et font partie de l’arsenal stratégique et tactique d’une grande puissance, à l’instar de ce que fut la marine britannique au XVIIIe siècle.
Et pourtant, le continent européen demeure un arriéré numérique. Nos actions reposent sur les expériences passées, jamais sur une vision du futur. Nous pondons des rapports, au demeurant bien faits, sans jamais les transformer en actes concrets.
Quelle est la légitimité de nos autorités en matière d’organisation et de numérisation ? Assurément, aucune. Nous avons un réel problème de gouvernance.
En effet, le pilotage repose sur des bureaucrates dont l’objectif est de limiter les risques visibles et immédiats avec la promesse rassurante que rien ne changera.
L’Europe est un continent gouverné par des juristes, dont la bureaucratie étouffe les rares entrepreneurs et ingénieurs. Ainsi, sous la prolifération des normes et des règlements le passage à l’acte s’efface.
Finalement, nous sommes devenus un continent de rentiers frileux et sans avenir.
À l’attention des partis politiques, je formule ces vœux : qu’ils veillent à une vraie diversité dans le profil des personnes qui les représentent et qu’ils partagent leur stratégie dans la conduite de l’État, en s’affranchissant des traditionnelles promesses électorales auxquelles plus personne ne croit.
© Pascal Rulfi, février 2026.
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